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Pauline Léon et la défense civique • Corrigé enseignant Page 2 / 2
4. Armes réclamées et encadrement militaire 2 pts
Elles réclament des piques, pistolets et sabres. Elles demandent à s'exercer les dimanches et jours de fête au Champ de Mars sous la conduite d'officiers de la Garde nationale et d'élèves de l'école militaire. Elles sollicitent une formation martiale légitime et républicaine.
5. La citoyenneté armée et la Garde nationale 3 pts
Dans l'idéal républicain, le citoyen est un combattant : la souveraineté repose sur la capacité de défendre la Nation. Posséder une arme et porter l'uniforme de la Garde nationale prouve l'appartenance à la communauté politique. En refusant les armes aux femmes, les révolutionnaires masculins maintiennent leur statut subordonné de « citoyennes passives ».
6. La conciliation avec le rôle familial 3 pts
Pour contrer les accusations de délaisser leur rôle d'épouse et de mère, Pauline Léon insiste : « Ne croyez pas que notre dessein soit d'abandonner le soin de nos familles ». Les exercices n'auront lieu que les jours chômés. Elle montre que défendre la patrie, c'est aussi protéger leurs enfants et leurs foyers contre la tyrannie.
Exemple rédigé
Durant la Révolution française, bien qu'exclues du suffrage par la Constitution de 1791, de nombreuses femmes refusent la passivité civique. Le 6 mars 1792, alors que la menace de guerre se précise, Pauline Léon et 319 Parisiennes se présentent devant l'Assemblée législative pour réclamer le droit de s'armer (piques, sabres) et de s'entraîner aux côtés de la Garde nationale.
Leur argumentation est double : d'une part, elles s'appuient sur la Déclaration des droits de l'homme pour affirmer leur égal droit naturel à défendre leur liberté ; d'autre part, elles démontrent leur profond patriotisme en refusant d'être reléguées au rang de spectatrices impuissantes. Tout en rassurant les législateurs sur leur attachement au foyer familial, elles revendiquent une citoyenneté active et armée.
Cependant, les députés masculins rejettent cette requête, révélant le refus de la société révolutionnaire d'accorder aux femmes une réelle égalité politique. Malgré ce rejet, l'action de Pauline Léon incarne l'émergence d'une conscience politique féminine pionnière qui marquera l'histoire des luttes pour l'émancipation.
Barème d'évaluation de la synthèse (/6 pts) :
1. Mobilisation des repères (2 pts) : Mention de Pauline Léon, mars 1792, guerre imminente, 319 pétitionnaires.
2. Analyse du lien armes/citoyenneté (2 pts) : Explication du rôle civique des armes et appel aux droits naturels.
3. Esprit critique & forme (2 pts) : Mention des réticences masculines, syntaxe claire et connecteurs logiques.
Garde nationale Institution civique
Milice de citoyens armés créée à Paris en juillet 1789 pour maintenir l'ordre et défendre la Révolution. Réservée aux hommes, elle incarne l'alliance fondamentale entre la citoyenneté et le maniement des armes.
Droit de pétition Action politique
Droit civique reconnu par la Révolution permettant à un groupe d'adresser une requête écrite aux députés. C'est l'un des rares leviers d'expression politique officielle utilisé légalement par les femmes.
Club patriotique Espace de débat
Association où les citoyens se réunissent pour débattre des lois et de l'actualité politique. Certains étaient mixtes ou féminins (comme la Société des citoyennes républicaines révolutionnaires en 1793).
Idée force à retenir : Bien qu'exclues du vote, les femmes n'ont jamais été passives sous la Révolution ; en revendiquant des armes en 1792, elles démontrent que la liberté et la patrie appartiennent à tous.
À l'issue de la lecture par Pauline Léon le 6 mars 1792, le président de l'Assemblée, Élie Guadet, répond :
« L'Assemblée nationale applaudit au patriotisme des citoyennes qui se présentent à sa barre. Elle accorde à votre civisme les honneurs de la séance. Mais gardons-nous d'intervertir l'ordre de la nature : les femmes sont destinées aux soins domestiques, et c'est en élevant des républicains qu'elles défendent le mieux la liberté. »
Exploitation en classe : Ce texte court permet d'éclairer le paradoxe républicain : on félicite le patriotisme moral des femmes tout en leur refusant catégoriquement toute participation armée ou politique au nom d'un prétendu « ordre naturel ».
Obstacle 1 : Anachronisme sur le droit de vote
Les élèves pensent souvent que la revendication prioritaire est le bulletin de vote. Expliquer qu'en 1792, la citoyenneté armée est le cœur battant de la souveraineté républicaine.
Obstacle 2 : Vision passive des femmes
Les élèves croient souvent que les femmes subissaient silencieusement l'histoire. Les 319 signataires prouvent l'existence d'une mobilisation collective organisée et courageuse.
Pour les élèves à besoins particuliers (remédiation) : Fournir une version du texte avec surlignage des mots clés (piques, 319, patrie, droits naturels). Proposer des phrases amorces pour la synthèse (« Le 6 mars 1792, Pauline Léon demande... car... Cependant, les députés refusent car... »).
Pour les élèves rapides ou approfondissement (enrichissement) : Faire comparer la démarche de Pauline Léon (action populaire, sans-culotte, armes) avec celle d'Olympe de Gouges (texte juridique et philosophique, Déclaration des droits de la femme, 1791) ou évoquer la création de la Société des citoyennes républicaines révolutionnaires en mai 1793.
Lien avec l'Enseignement Moral et Civique (EMC)
Débat contemporain possible : Qu'est-ce qu'un engagement citoyen aujourd'hui ? Réflexion sur l'égalité femmes-hommes, le droit de pétition moderne (plateformes citoyennes, assemblées), et l'accès des femmes aux métiers de la défense et de la sécurité.