A ce moment les enfants, derrière la porte, se mirent à crier tous ensemble : « Nous voilà ! Nous voilà !... ». La bûcheronne courut vite leur ouvrir la porte et leur dit en les embrassant : « Que je suis aise de vous revoir, mes chers enfants ! »
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Ils se mirent à table et mangèrent d’un appétit qui faisait plaisir au père et à la mère. Cette joie dura tant que les dix écus durèrent. Mais lorsque l’argent fut dépensé ils retombèrent dans leur premier chagrin, et résolurent de les perdre encore.
Le Petit Poucet décida de sortir d’affaire comme il avait fait une première fois. Il se leva de grand matin pour aller ramasser des petits cailloux, mais il trouva la porte de la maison fermée à double tour.
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La bûcheronne leur ayant donné à chacun un morceau de pain pour le déjeuner, il songea à s’en servir au lieu de cailloux, en le jetant par miettes le long des chemins où ils passeraient.
Le père et la mère les laissèrent dans l’endroit de la forêt le plus épais et le plus obscur. Le Petit Poucet ne s’en chagrina pas beaucoup parce qu’il croyait retrouver aisément son chemin. Mais il fut bien surpris lorsqu’il ne trouva plus une seule miette. Les oiseaux étaient venus et avaient tout mangé.
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La nuit tomba, il s’éleva un grand vent qui faisait aux enfants des peurs épouvantables. Ils croyaient entendre de tous côtés les hurlements des loups qui venaient à eux pour les manger. Le Petit Poucet grimpa au haut d’un arbre d’où il vit une petite lueur. Ayant marché quelque temps avec ses frères du côté où il avait vu la lumière il la revit en sortant du bois.
Ils arrivèrent enfin à la maison où était cette chandelle. Ils frappèrent à la porte, une femme vint leur ouvrir. Les voyant tous si jolis, elle se mit à pleurer et leur dit : « Hélas, mes pauvres enfants, où êtes-vous venus ?... Savez-vous bien que c’est ici la maison d’un Ogre qui mange les petits enfants ». — Hélas, madame, lui répondit le Petit Poucet qui tremblait de tous ses membres aussi bien que ses frères, que ferons-nous ?...
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La femme de l’Ogre, pensant qu’elle pourrait les cacher à son mari jusqu’au lendemain matin, les laissa entrer et les mena auprès d’un bon feu. Alors qu’ils commençaient à se chauffer, ils entendirent heurter trois coups à la porte. C’était l’Ogre qui revenait. Aussitôt sa femme les fit cacher sous le lit et alla ouvrir la porte. L’Ogre demanda d’abord si le souper était prêt et si l’on avait tiré du vin, puis il se mit à table.
— Je sens la chair fraîche, dit l’Ogre brusquement en regardant sa femme de travers ! il y a ici quelque chose que je ne m’explique pas !...
En disant ces mots, il se leva de table et alla droit au lit. — Ah ! dit-il, voilà donc comme tu veux me tromper, maudite femme ! Et il tira de dessous le lit, l’un après l’autre les pauvres enfants. Il alla prendre un grand couteau mais sa femme lui dit : « Que voulez-vous faire à l’heure qu’il est ? N’aurez-vous pas assez de temps demain !... » — Tu as raison, dit l’Ogre, donne-leur bien à souper afin qu’ils ne maigrissent pas et va les mener coucher.
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La bonne femme fut ravie et leur porta à manger. Quant à l’Ogre, il se remit à boire, ce qui lui monta un peu à la tête et l’obligea à aller se coucher. L’Ogre avait sept filles qui n’étaient encore que des enfants. On les avait fait coucher de bonne heure et elles étaient toutes sept dans un grand lit, ayant chacune une couronne sur la tête. Il y avait dans la même chambre un autre lit de la même grandeur. Ce fut dans ce lit que la femme de l’Ogre fit coucher les sept garçons.
Le Petit Poucet, craignant que l’Ogre eût des regrets de ne pas les avoir égorgés le soir même, se leva vers le milieu de la nuit, prit les bonnets de ses frères et le sien et alla tout doucement les mettre sur la tête des sept filles de l’Ogre, après leur avoir ôté leurs couronnes qu’il mit sur les têtes de ses frères et sur la sienne.
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La chose arriva comme il l’avait pensé car l’Ogre s’étant éveillé vers minuit monta, à tâtons, à la chambre de ses filles et s’approcha du lit où étaient les petits garçons qui dormaient tous, excepté le Petit Poucet. L’Ogre sentit les couronnes : « Vraiment, dit-il, j’allais faire là un bel ouvrage, je vois bien que j’ai trop bu hier soir ».
Il alla ensuite au lit de ses filles, où, ayant senti les petits bonnets : « Ah ! les voilà, dit-il, nos gaillards ». En disant ces mots, il coupa la gorge à ses sept filles. Fort content de cet exploit, il alla se recoucher. Aussitôt que le Petit Poucet entendit ronfler l’Ogre, il réveilla ses frères et leur dit de le suivre. Ils descendirent doucement dans le jardin, sautèrent par-dessus les murailles, et coururent jusqu’au jour, toujours en tremblant et sans savoir où ils allaient.
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L’Ogre s’étant réveillé, dit à sa femme : — Va-t-en là-haut apprêter ces petits drôles d’hier au soir. Elle monta et fut bien surprise lorsqu’elle aperçut ses sept filles égorgées. Elle commença par s’évanouir. L’Ogre ne fut pas moins surpris que sa femme lorsqu’il vit cet affreux spectacle : — Ah ! Qu’ai-je fait là ?... s’écria-t-il. Ils me le payeront, les misérables, et tout de suite. Donne-moi vite mes bottes de sept lieues afin que j’aille les attraper.
Il se mit en campagne et après avoir couru bien loin de tous les côtés entra enfin dans le chemin où marchaient les pauvres enfants. Ils virent l’Ogre qui allait de montagne en montagne et qui traversait des rivières aussi aisément que le moindre ruisseau. Le Petit Poucet voyant un rocher creux près de l’endroit où ils étaient y fit cacher ses six frères et s’y fourra aussi, regardant toujours ce que l’Ogre devenait.
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Celui-ci, qui se trouvait fort las du long chemin qu’il avait fait inutilement, voulut se reposer et par hasard il alla s’asseoir sur la roche où les petits garçons s’étaient cachés. Comme il n’en pouvait plus de fatigue, il s’endormit et se mit à ronfler effroyablement. Le Petit Poucet dit à ses frères de s’enfuir promptement et de ne pas s’inquiéter de lui. Ils suivirent son conseil et retrouvèrent enfin la maison de leurs parents.
Le Petit Poucet s’étant approché de l’Ogre, lui retira doucement ses bottes et les mit aussitôt. Les bottes étaient fort grandes et fort larges mais comme elles étaient fées, elles se trouvèrent aussi justes à ses pieds que si elles eussent été faites spécialement pour lui. Avec ses bottes de sept lieues le Petit Poucet alla se présenter au Roi qui désirait avoir des renseignements sur une bataille qui se livrait à deux cents lieues de là : il rapporta vite la nouvelle du succès.
Après avoir fait quelque temps le courrier du Roi et avoir gagné beaucoup d'argent, il revint dans sa famille. Vous devinez avec quelle joie il fut reçu ; grâce à sa fortune, le Petit Poucet put assurer le bonheur de ses parents et de ses six frères.
FIN
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Fiche Séance • Le Petit Poucet CM1 / CM2